
Reuters. Avril 2007
Il n’y aura jamais eu autant de convives à la table du PS. La compétition pour le leadership socialiste se règle d’ordinaire à deux ou trois. Aujourd’hui, le nombre de prétendants, officiels ou officieux, au poste de premier secrétaire dépasse la douzaine. Le départ annoncé de François Hollande, la nouvelle donne créée par la candidature de Ségolène Royal à la présidentielle et l’éclatement du parti ont décuplé les appétits. Les prétendants sont plus ou moins déclarés, plus ou moins outillés et plus ou moins sérieusement considérés par leurs camarades. Voici donc leur plan de table, en attendant que d’autres ne s’y invitent
Peillon, Rebsamen, Sapin, Dray Dans le sillage de Ségolène
Les hésitations de Royal, peu portée sur les jeux d’appareil, ont au moins permis à quatre de ses proches d’espérer. A commencer par François Rebsamen, 56 ans, maire de Dijon. Le numéro 2 du PS, qui se verrait bien en secrétaire général d’un parti doté d’un(e) président(e), s’était éloigné de Hollande pour soutenir Royal pendant les primaires. Il s’en est récemment rapproché, espérant jouer les traits d’union. Le titre de son dernier livre, De François à Ségolène, sonne comme un programme… Lequel pourrait aussi être celui de l’ex-ministre de l’Economie Michel Sapin, 55 ans. Le député de l’Indre, issu de la même cuvée de l’ENA que Hollande et Royal, peut également faire valoir son équidistance entre les deux. Mais il se montre très réservé sur ses intentions. Tout comme Vincent Peillon, 47 ans : «On ne demande pas à être premier secrétaire. On attend qu’on vous appelle.» En attendant, donc, le député européen multiplie les contacts. Quant à Julien Dray, 52 ans, il se «tâte». De moins en moins. Au point de brandir ses ressources : «Je connais le parti, je sais prendre Sarkozy. Le premier secrétaire doit être une grande gueule.» Quatre candidats royalistes ? «Ça commence à faire beaucoup», résume une proche de Royal.
Royal-Delanoë Match de poids lourds
Entre les deux cadors des sondages, le duel est annoncé. Aura-t-il vraiment lieu ? Jusqu’ici, la présidente de la région Poitou-Charentes, 54 ans, et le maire de Paris, 57 ans, se sont contentés de s’épier, dans une sorte de remake socialiste de l’équilibre de la terreur. Pour résumer : si elle y va, il ira. Et réciproquement. Après avoir longuement hésité, la première vient d’indiquer qu’elle s’exprimerait «en janvier». Le second, d’une prudence de Sioux en ce début de campagne parisienne, n’a de cesse de jurer qu’il restera un maire à plein temps, histoire de pas fournir de munitions à son adversaire UMP, Françoise de Panafieu. Pour nombre de socialistes, néanmoins, l’affrontement demeure inévitable. «Je pense qu’elle sera candidate», assure un proche de Royal. «Bertrand sera très présent au prochain congrès, renchérit un ami de Delanoë. Il défendra sa ligne en essayant de rassembler une majorité.»
Hollande Partir pour mieux revenir ?
Voilà au moins un socialiste dont on est sûr qu’il ne sera pas candidat au premier secrétariat. A l’issue d’une période délicate pour lui, où la plupart de ses camarades n’ont pas ménagé leurs efforts pour lui faire la peau, le futur ex-patron du parti, qui quittera le poste au prochain congrès, joue la responsabilité : «Moi aussi, j’aurais pu faire ma comédie, mon livre, m’essuyer les pieds. Je ne l’ai pas fait.» A l’occasion de la campagne des municipales et des cantonales, François Hollande entend désormais faire jouer le «principe de plaisir». Notamment en Corrèze, où il vise la tête du conseil général chiraquien. Mais qu’on ne s’y trompe pas : à ses yeux, ne pas être en course pour 2008 ne le disqualifie pas pour la suite : «S ’il y a une possibilité en 2010 ou 2012, il n’y a pas de raison que je m’en écarte a priori…».
Peillon, Rebsamen, Sapin, Dray Dans le sillage de Ségolène
Les hésitations de Royal, peu portée sur les jeux d’appareil, ont au moins permis à quatre de ses proches d’espérer. A commencer par François Rebsamen, 56 ans, maire de Dijon. Le numéro 2 du PS, qui se verrait bien en secrétaire général d’un parti doté d’un(e) président(e), s’était éloigné de Hollande pour soutenir Royal pendant les primaires. Il s’en est récemment rapproché, espérant jouer les traits d’union. Le titre de son dernier livre, De François à Ségolène, sonne comme un programme… Lequel pourrait aussi être celui de l’ex-ministre de l’Economie Michel Sapin, 55 ans. Le député de l’Indre, issu de la même cuvée de l’ENA que Hollande et Royal, peut également faire valoir son équidistance entre les deux. Mais il se montre très réservé sur ses intentions. Tout comme Vincent Peillon, 47 ans : «On ne demande pas à être premier secrétaire. On attend qu’on vous appelle.» En attendant, donc, le député européen multiplie les contacts. Quant à Julien Dray, 52 ans, il se «tâte». De moins en moins. Au point de brandir ses ressources : «Je connais le parti, je sais prendre Sarkozy. Le premier secrétaire doit être une grande gueule.» Quatre candidats royalistes ? «Ça commence à faire beaucoup», résume une proche de Royal.
Royal-Delanoë Match de poids lourds
Entre les deux cadors des sondages, le duel est annoncé. Aura-t-il vraiment lieu ? Jusqu’ici, la présidente de la région Poitou-Charentes, 54 ans, et le maire de Paris, 57 ans, se sont contentés de s’épier, dans une sorte de remake socialiste de l’équilibre de la terreur. Pour résumer : si elle y va, il ira. Et réciproquement. Après avoir longuement hésité, la première vient d’indiquer qu’elle s’exprimerait «en janvier». Le second, d’une prudence de Sioux en ce début de campagne parisienne, n’a de cesse de jurer qu’il restera un maire à plein temps, histoire de pas fournir de munitions à son adversaire UMP, Françoise de Panafieu. Pour nombre de socialistes, néanmoins, l’affrontement demeure inévitable. «Je pense qu’elle sera candidate», assure un proche de Royal. «Bertrand sera très présent au prochain congrès, renchérit un ami de Delanoë. Il défendra sa ligne en essayant de rassembler une majorité.»
Hollande Partir pour mieux revenir ?
Voilà au moins un socialiste dont on est sûr qu’il ne sera pas candidat au premier secrétariat. A l’issue d’une période délicate pour lui, où la plupart de ses camarades n’ont pas ménagé leurs efforts pour lui faire la peau, le futur ex-patron du parti, qui quittera le poste au prochain congrès, joue la responsabilité : «Moi aussi, j’aurais pu faire ma comédie, mon livre, m’essuyer les pieds. Je ne l’ai pas fait.» A l’occasion de la campagne des municipales et des cantonales, François Hollande entend désormais faire jouer le «principe de plaisir». Notamment en Corrèze, où il vise la tête du conseil général chiraquien. Mais qu’on ne s’y trompe pas : à ses yeux, ne pas être en course pour 2008 ne le disqualifie pas pour la suite : «S ’il y a une possibilité en 2010 ou 2012, il n’y a pas de raison que je m’en écarte a priori…».
Valls et Montebourg Duo de rénovateurs
«Je ne veux pas me taire.» Pris à partie par ses camarades pour son positionnement de «sarkozyste de gauche», Manuel Valls, 45 ans, persiste et signe. Même s’il en convient : «Ça n’est pas la voie la plus courte pour être premier secrétaire. Mais mon problème, c’est d’incarner la rénovation.» Reste au député-maire d’Evry à travailler pour pallier un isolement certain et des troupes clairsemées. Autre candidat possible parmi les «rénovateurs» : Arnaud Montebourg, 45 ans. «Fini le temps des éléphants, place aux jeunes lions», avait-il rugi au soir de sa - difficile - réélection à l’Assemblée. Mais le député de Saône-et-Loire, clairement recentré, a montré ces derniers temps des canines moins acérées. Au point que, devenu premier vice-président des députés PS, l’ancien électron libre, héraut de la VIe République et grand pourfendeur du cumul des mandats, se présentera aux cantonales…
Un jospiniste nommé Désir
Il a dressé le bon profil pour le job : «Quelqu’un qui est présentable, qui a une légitimité et qui est acceptable en interne.» Harlem Désir, 48 ans, songe-t-il à lui-même ? «Je ne suis pas candidat, assure-t-il. C’est clairement non.» Reste que le député européen, qui fut en son temps le très médiatique porte-parole de SOS Racisme et qui prend aujourd’hui la direction des opérations du courant «jospino-delanoïste», a des idées bien arrêtées sur le prochain congrès, qui doit être «un vrai congrès de débat et d’orientation. Si pour ne gêner personne, on nomme un intérimaire, il ne faudra pas s’étonner que les gens aussi nous mettent en intérim…»
Cambadélis-Moscovici Un fauteuil pour deux
Quand le DSK est parti, ses lieutenants y pensent. Chacun à sa façon. Pierre Moscovici, 50 ans, ne s’en cache pas : «Le premier secrétaire doit être quelqu’un en qui les militants se reconnaissent, qui a un peu d’expérience et d’autorité. Et quand je me regarde dans la glace, je me dis que je peux faire ça.» Le député du Doubs, ancien ministre des Affaires européennes, brosse le portrait d’un patron de parti qui ne serait «ni un chauffeur de place ni un premier secrétaire choisi pour éviter qu’un présidentiable s’installe». Tout autre est la stratégie de Jean-Christophe Cambadélis : «Mieux vaut travailler à un vrai réarmement plutôt que de se mettre sur le marché. Il y a douze candidats, je ne serai pas le treizième.» Et pourtant… Le député de Paris planche avec d’autres, comme le fabiusien Claude Bartolone, sur l’hypothèse d’une direction collégiale (destinée à empêcher le match entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë) et parfois baptisée «comité de salut public». Ambitionne-t-il d’en être le Saint-Just ?
Hamon L’ailier gauche
«Très clairement, l’animation d’un parti l’intéresse», explique un de ses proches. Des candidats potentiels, Benoît Hamon, 40 ans, est le seul représentant de l’aile gauche. Ce qui permet à l’héritier d’Henri Emmanuelli d’espérer rassembler au-delà de son courant, le NPS, notamment en direction des fabiusiens. Mais cela rend très délicate une construction majoritaire. Nettement plus discret depuis sa démission du secrétariat national à l’Europe, après que le parti a décidé de soutenir le mini-traité, le député européen a lancé un cercle de réflexion, la Forge, et multiplie les rencontres avec les responsables fédéraux et les parlementaires.
«Très clairement, l’animation d’un parti l’intéresse», explique un de ses proches. Des candidats potentiels, Benoît Hamon, 40 ans, est le seul représentant de l’aile gauche. Ce qui permet à l’héritier d’Henri Emmanuelli d’espérer rassembler au-delà de son courant, le NPS, notamment en direction des fabiusiens. Mais cela rend très délicate une construction majoritaire. Nettement plus discret depuis sa démission du secrétariat national à l’Europe, après que le parti a décidé de soutenir le mini-traité, le député européen a lancé un cercle de réflexion, la Forge, et multiplie les rencontres avec les responsables fédéraux et les parlementaires.
Aubry Une femme contre Royal
Toujours discrète, mais remontée comme un coucou contre Ségolène Royal. Après son échec aux législatives de 2002, Martine Aubry avait quasi disparu du paysage socialiste. Défaite localement, mais aussi abîmée nationalement par le poids donné, y compris par ses amis, à sa réforme des 35 heures pour expliquer l’élimination de Lionel Jospin. A 57 ans, l’ancienne ministre du Travail attend aujourd’hui d’être réélue à Lille, en mars, avant d’opérer son come-back sur la scène nationale. Mais après cinq ans de désert, l’impatience est là. Et la langue toujours aussi bien pendue. «Plus jamais ça», dit-elle à propos de l’expérience Royal, avec qui elle ne partage pas grand-chose. Décidée à tout faire pour éviter l’affrontement entre la présidente de la région Poitou-Charentes et le maire de Paris, dont elle est tout de même plus proche, Aubry n’avoue ses ambitions qu’à demi-mot… Mais on la sent prête.
Sources liberation
Toujours discrète, mais remontée comme un coucou contre Ségolène Royal. Après son échec aux législatives de 2002, Martine Aubry avait quasi disparu du paysage socialiste. Défaite localement, mais aussi abîmée nationalement par le poids donné, y compris par ses amis, à sa réforme des 35 heures pour expliquer l’élimination de Lionel Jospin. A 57 ans, l’ancienne ministre du Travail attend aujourd’hui d’être réélue à Lille, en mars, avant d’opérer son come-back sur la scène nationale. Mais après cinq ans de désert, l’impatience est là. Et la langue toujours aussi bien pendue. «Plus jamais ça», dit-elle à propos de l’expérience Royal, avec qui elle ne partage pas grand-chose. Décidée à tout faire pour éviter l’affrontement entre la présidente de la région Poitou-Charentes et le maire de Paris, dont elle est tout de même plus proche, Aubry n’avoue ses ambitions qu’à demi-mot… Mais on la sent prête.
Sources liberation
Commentaires